Retour chez les ours, c-a-d au camping, après cette brève incursion dans la civilisation. Mon air excessivement shampouiné et mes habits bizarrement propres me trahissent toutefois auprès de la gardienne du camping, qui me fait observer avec espièglerie qu'un vrai campeur n'ai jamais aussi "clean" après une semaine de camping. La honte... ;-)
Passé l'essentiel de la journée à rêvasser dans les parages du Lake Moraine. Hélas, je crains être à court de superlatifs pour décrire ce bijou géographique. Oui, il est turquoise avec des glaciers par dessus et dans un écrin de verdure. Mais il y a turquoise et turquoise, attention ! La c'est tout la palette du vert au bleu lagon outremer qui y passe. Un vent brutal qui descend des glaciers fait étinceler la surface. Je prends au moins 50 photos, mais rien n'y fait, il y en a aucune qui rende justice à la réalité. Par moment, j'ai l'impression qu'un appareil photo rend un peu stupide. D'une part lorsque j'observe les hordes de touristes qui se photographient mutuellement pour prouver qu'ils y étaient et surtout lorsque je m'observe moi-même à vouloir dérisoirement encapsuler la lumière des Montagnes Rocheuses dans les quelques méga-octet d'un fichier JPEG. C'est ridicule, j'en suis bien conscient, et de plus une source de frustration, mais je ne peux m'empêcher de vouloir "capter" le paysage.
La balade que j'envisageais de faire en direction du Consolation Lake tout proche est sévèrement réglementée à cause d'une présence importante de grizzlis qui, en cette période avant l'hibernation, passent leur temps à ce nourrir d'une quantité gargantuesque de baies de toutes sortes. Le grizzli du Lac Moraine n'aime pas partager sont territoire. Bon, quelque part je le comprends le grizzli, qu'est ce qu'on va lui casser les pieds avec nos randonnées et nos photos alors que lui lutte simplement pour sa survie. Moi, si j'étais un grizzli, je ne ferai pas dans le détail et boufferais un ou deux touristes histoire d'avoir la paix une bonne fois pour toute. Des panneaux très officiels exigent que les randonneurs se déplacent en groupe serrés (c-à-de moins de 3 mètres entre les individus) d'au moins 4 individus. Les contrevenants s'exposent quant à eux à une amende de 5000$, presque aussi dissuasive que les mâchoires du nounours...
Sinon, c'est un peu toujours la même question qui me tracasse : pourquoi y a-t-il, dans la nature des paysages que, nous humains, percevons comme beau. Qu'une fleur soit belle pour une abeille ou qu'une femelle soit attirante pour le mâle, se comprend par la nécessité de la survie des espèces. Mais quel dessein peut bien servir la beauté sauvage d'un lac de montagne. Que la nature cherche à favoriser les bons photographes ne me marrais guère crédible, heureusement pour moi d'ailleurs. On pourrait invoquer un argument anthropique (très en vogue en physique théorique actuellement) du genre : les lacs turquoises aux milieux des glaciers sont beaux simplement parce que personne ne voir l'immense majorité des lac moches et non-turquoise. Bof, l'argument ne me convainc guère, alors s'il se trouve un philosophe (ou même un non-philosophe) pour lire ces lignes et s'il a une meilleure explication, je suis preneur !
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Location:Lake Moraine, Banff National Park
Comme je suis très sensible aux artefacts sous toutes leurs formes, je e pourrais Faire un grand speach, sur le fait que la beauté de la nature, c'est comme l'art ...un lien universel entre les hommes, ou encore un miracle qui élève l'âme ...Mais peut-etre que ton lac, il est juste beau parce que tu sais le regarder, Pirmin...merci de nous le faire partager. :-) ...Have a safe trip, Valéry
RépondreSupprimer"beauty is in the eye of the beholder" comme disent nos amis anglo-saxon ;-) Ce qui est marrant c'est qu'elle l'est dans les yeux de tous les touristes qui passent par ici depuis 120 ans !
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